Les favelas, made in Rio

Personne ne pense à Rio de Janeiro sans penser aux nombreuses favelas dont la ville dispose (près de 1 000 dans l’Etat de Rio de Janeiro). En effet, ces bidonvilles brésiliens sont vite repérables sur les flancs des collines cariocas. Leurs habitants, soit près du tiers de la population de la ville (2 millions, sur les 6 millions de cariocas), s’y sont installés de façon illégale et vivent dans des conditions insalubres, avec un réel manque d’infrastructure.

Cette vie de misère a poussé une partie de la population dans le trafic de drogue ou d’armes, et donc une très importante violence et criminalité. A côté de cela, la Coupe du Monde 2014 et les Jeux Olympiques 2016 allaient rameuter un grand nombre de touristes à Rio : il était alors nécessaire pour le gouvernement de « pacifier » les favelas, en passant par un démantèlement des trafics. Les moyens mis en oeuvre par la police ont en revanche souvent été remis en question… Le gouvernement a engagé de gros moyens pour déployer un impressionnant dispositif de forces de l’ordre dans les quartiers sensibles, sans que les méthodes utilisées ne soient réellement acceptées par le monde entier. Un grand nombre d’abus de la police, d’incidents et de brutalités policières graves ont étés répertoriés. En effet, il est important de rappeler que la plupart des habitants des favelas sont des gens ordinaires qui n’ont aucun lien avec les mafias. Beaucoup d’entre eux ont un travail, comme femme de ménage, chauffeur de bus, de taxi, ou caissier au supermarché… C’est pourquoi il ne faut pas oublier qu’il y a énormément d’habitants simplement pauvres, souvent traités comme les narcotrafiquants par la police, qui ne prend pas toujours le temps de faire la différence entre les personnes armées et dangereux et les simples femmes de ménages.

Favela vu de notre balcon : Cantagalo
Favela vue de notre balcon : Cantagalo

Vivant tout près de la favela Cantagalo avec mes colocataires, nous avons dès la première semaine été surpris par un nombre impressionnant de feux d’artifices déclenchés à toutes heures du jour ou de la nuit. Des amis brésiliens nous ont alors expliqué que les feux d’artifices y étaient utilisés pour « communiquer ». C’est-à-dire qu’ils pouvaient être lancé pour annoncer soit :

- l’arrivée d’une cargaison de drogue dans la favela

- l’entrée de la police dans la favela

- une autre favela est venue faire la « guerre » pour prendre le business.

Après quelques jours, les résonances des feux d’artifices déclenchés ou des coups de feux qu’ils peuvent camoufler n’étaient plus qu’un bruit de fond, une habitude à prendre. Au final, la vie dans les favelas n’est vraiment pas simple à gérer et à supporter.

 

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