3 juin 2016

Synthèse du travail de recherche

a.     Définition et présentation de l’économie de partage

 

L’économie de partage reste une notion compliquée à définir. En effet, il est difficile de délimiter ce qui appartient ou non à cette économie. Comme l’évoque l’article des Echos « Economie collaborative ou économie du partage : cherchez l’erreur », l’économie de partage, dans sa définition étroite, n’implique que les transactions de particulier à particulier, elle concerne la location ou la mise à disposition temporaire d’un actif, d’un bien, d’un service entre particuliers alors que dans le monde Internet, la définition inclut également l’échange, le partage et la vente d’occasion.
D’après mes recherches et les entretiens réalisés, je définirais l’économie de partage comme : un modèle économique dans lequel la propriété privée n’est plus un élément indispensable, l’usage étant devenu l’élément essentiel.

L’économie de partage présente des avantages variés. Selon l’étude CREDOC « conditions de vie et aspirations », de 2014, pour 67% des utilisateurs, la première motivation d’utilisation de l’économie de partage est de faire des économies. En effet, si l’on possède un bien que l’on utilise que partiellement, il peut être bénéfique de le louer, le partager ou le revendre d’occasion à des particuliers pour gagner de l’argent.
La deuxième motivation d’utilisation de l’économie de partage est le plaisir de faire des rencontres (47%) via le partage de biens et/ ou l’échange de services, suivi de l’envie de protéger l’environnement (30%). En effet, cela ne parait pas forcément évident mais l’économie de partage a un impact positif sur l’environnement. L’étude IDDRI « Economie de partage : enjeux et opportunités pour la transition écologique » de mars 2014, prouve qu’en utilisant les biens au maximum de leur potentiel technique, il est possible de réduire la production de biens tout en assurant un même niveau de service. Cela permet donc une réduction de la production de déchets et une baisse de la consommation de ressources (utilisées pour produire des biens). C’est pourquoi, certains individus sont prêts à partager un trajet en voiture avec un inconnu pour réduire la pollution et participer à petite échelle à la diminution du réchauffement climatique.

Beaucoup d’économistes et sociologues ajoutent que cette économie aura un bénéfice considérable sur le style de vie de la société. En effet, cela permet d’encourager le partage et de renforcer le lien social dans une économie de plus en plus individualiste.

Grâce aux bénéfices qu’elle présente, l’économie de partage connait un grand succès en particulier dans les secteurs du logement et des transports. Les investissements mondiaux dans les start-ups de l’économie de partage augmentent chaque année. Selon l’étude Deloitte, « l’économie de partage : partager et gagner de l’argent » de 2015, plus de 12 milliards de dollars ont été investis dans cette économie. Des géants comme Nestlé, Avis, Ikea, Bmw, rachètent des start-ups et créent leurs propres plateformes de partage. L'économie de partage n'est donc pas une menace pour les grandes entreprises qui en profite pour étendre leur champ d'action.

Ce type d’économie connait d’ailleurs un essor important au Royaume-Uni.

b.     L’économie de partage en Angleterre

 

L’Angleterre est la première capitale européenne de l’économie de partage. Le pays accueille 1/10 des entreprises mondiales d’économie de partage. Londres est la troisième ville mondiale de l’économie de partage et voit naitre chaque année de plus en plus de start-up en relation avec l’économie de partage.

La définition anglaise de l’économie de partage est différente de la définition française. Selon l’étude de Diane Coyle « The Sharing Economy in the UK » (Janvier 2016), pour les anglais, l’économie de partage implique l’utilisation de technologies pour connecter différents groupes de personnes et organisations afin d’avoir une meilleure utilisation des biens, services, compétences, capitaux, espaces, avoir un accès au partage et ainsi réduire le besoin de possession.

Les anglais semblent ouverts au développement de ce type d’économie car bien que l’économie actuelle du pays semble bien fonctionner, la vie anglaise est extrêmement chère et surtout en ce qui concerne le logement et les transports. 6% des anglais utilisent l’économie de partage essentiellement pour faire de l’argent. Cela s’avère bénéfique puisque 20% des prestataires gagnent plus de £500 par semaine grâce à l’économie de partage et 3% gagnent plus de £78 000 par an. Par ailleurs, plus de 5 millions de britanniques qui sont aujourd’hui reconnus comme auto-employés grâce à l’économie de partage.

De plus, le gouvernement encourage la population a utilisé l’économie de partage. En effet, le Royaume-Uni a pour ambition de devenir le cœur de l’économie de partage. C’est pourquoi, un nouvel organisme a été mis en place : SEUK (Sharing Economy UK) qui permet de défendre l’économie de partage mais aussi de participer à son évolution pour qu’elle continue à contribuer à l’économie britannique. Par ailleurs, le gouvernement britannique souhaite également rendre la législation britannique plus simple en ce qui concerne la sous location de chambres, appartements ou places de parking et encourager les institutions locales à supporter l’économie de partage à travers par exemple des espaces de travail partagés.

Cependant, ils restent encore des progrès à faire puisque seul 17% des anglais sont utilisateurs de l’économie de partage. Cela peut s’expliquer par les limites que présentent cette économie.

c.     Limites et mesures mises en place pour améliorer ce système

 

Malgré son succès et ses avantages, l’économie de partage présente encore de nombreuses limites.

Les entretiens effectués m’ont permis de mettre en avant une première faille de cette économie ; J’ai en effet constaté que certaines personnes n’avaient jamais entendu parler du terme « économie de partage » alors que ces dernières utilisent des plateformes d’économie de partage telles qu’AirBnB. Les sites d’économie de partage sont donc populaires, cependant la communication sur le terme « économie de partage » reste à développer. D’autre part, les consommateurs ont du mal à discerner l’économie de partage de l’économie collaborative. L’économie collaborative étant l’écosystème des plateformes en ligne qui permettent de s’échanger des services ou des actifs.

Une deuxième limite serait que les consommateurs de l’économie de partage sont généralement des consommateurs occasionnels. En effet, j’ai pu remarquer, d’après mes entretiens, que les consommateurs utilisent l’économie de partage uniquement quelques fois dans l’année. Les consommateurs réguliers restent une minorité. Les individus préfèrent avoir recours à d’autres moyens s’ils en ont le choix.
Cela peut s’expliquer par le problème du manque de fiabilité et de transparence des données sur les plateformes d’économie de partage, qui engendre un manque de confiance des utilisateurs et freine les potentiels prestataires. En effet, le risque de fraude sur les plateformes d’économie de partage est multiplié par deux, les fraudes pouvant venir du côté de l’offrant et du côté du consommateur et les contrôles étant moins stricts que sur le marché normal.
Ce problème semble être, d’après les entretiens que j’ai réalisés, le désavantage majeur de ce système. Selon l’étude CREDOC « conditions de vie et aspirations » de 2014, seulement 3% des français disaient avoir confiance en l’économie de partage et 22% n’avaient pas du tout confiance. Il faudrait donc sécuriser davantage les plateformes afin de rassurer les utilisateurs et les prestataires. L’étude « l’économie de partage, zoom sur les jeunes urbains » réalisée par l’institut BVA montre que bien que les jeunes urbains (18-35 ans), titulaires d’un diplôme soit les plus ouverts à l’économie de partage en raison des avantage qu’elle présente (économie d’argent), ils restent bien conscients des limites du modèle. En effet, selon l’étude BVA, 60% craignent de se faire avoir.

Viennent ensuite les problèmes liés à la création d’emplois précaires et au système de taxation (« comment imposer les prestataires ? » mais aussi « faut-il taxer les prestataires occasionnels de la même façon que les prestataires réguliers ? »).

Afin de venir à bout des limites de ce système, le gouvernement a mis en place un groupe de discussion composé de personnes travaillant pour le gouvernement et de représentants d’entreprises d’économie de partage du groupe SEUK (Sharing Economy United Kingdom).
Le but étant de permettre à l’économie de partage de devenir un système de confiance, afin d’attirer un plus grand nombre d’adhérents, mais aussi de permettre l’accès à une plus grande échelle et régler tous les problèmes qui pourraient freiner ce système.

Des efforts devront être faits pour venir à bout de ses limites et changer l’opinion des plus critiques.
En effet, l’article des Echos « Economie collaborative ou économie du partage : cherchez l’erreur » souligne que selon le parlement européen, l’économie de partage offrirait des produits ou canaux de vente de substitution mais n’ajouterait rien à l’économie réelle. De plus, toujours selon l’article des Echos, l’économie de partage présenterait des avantages d’un point de vue écologique en permettant la réduction de production de biens, mais si les individus achètent moins, cela pourrait avoir un impact négatif sur l’économie du pays.

Pour conclure, l’économie de partage connait un succès important en Angleterre et est appelé à se développer, mais pour cela, le gouvernement devra lutter pour résoudre les problèmes majeurs que présente ce système. 

 

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