Synthèse de mon travail de recherche : l’économie circulaire, présente en Espagne?

L’économie circulaire est un nouveau concept économique, défendu par Ellen MacArthur et son association (Elle MacArthur Foundation) mais qui tire ses idées de l’ouvrage de William McDonough et de Michael Braungart intitulé « Cradle to Cradle« . Ce nouveau concept essaye de réunir l’économie capitaliste d’aujourd’hui, et l’écologie. Pari risqué, et difficilement réalisable aux premiers abords.

Mais le concept de base est simple. Dans la nature, tout est cyclique. Les humains naissent, grandissent et meurs pour laisser la place à d’autres humains, et leurs corps se détériore de manière biologique, servant de nourritures aux insectes et d’engrais pour les arbres etc… Rien ne s’arrête, le cycle est continu. Ou autrement, le déchet est inexistant, car tout est nourriture, source d’énergie pour d’autres espèces. Et là est le paradoxe : notre économie est, elle, linéaire. On extrait, on modifie, et l’on jette ce qui n’est plus utile afin de jeter le produit fini lorsqu’il est en fin de vie. Le principe de base de cette économie est donc de refaire rentrer les déchets de l’économie dans la boucle de production, en créant ainsi un cercle vertueux. Et permettre ainsi l’union de l’économie et de l’écologie, ou du moins d’un plus grand respect de l’environnement, surtout lorsqu’il est question d’amasser des tonnes et des tonnes de déchets.

L’économie circulaire repose sur 7 principes :

  • L’écoconception consiste à penser le produit dès son élaboration de sorte qu’il puisse être réutilisé en fin de vie.
  • L’écologie industrielle consiste à économiser le maximum de matières premières et d’énergie dans l’élaboration du produit.
  • L’économie de fonctionnalité est un principe qui voudrait qu’au lieu d’acheter un produit industriel, nous achetions seulement le service qu’il rend. Comme nous le faisons déjà avec le train ou l’avion : nous achetons le voyage, non pas le moyen de locomotion. Ou même avec les « box internet » : certains opérateur loue ce produit, et nous payons un abonnement dans lequel sont comprises les éventuelles réparations et changements de matériel. En fait, nous achetons le service qu’il nous rend.
  • Le réemploi, comme son nom l’indique, consiste à employer une nouvelle fois un produit qui ne correspond plus aux attentes du consommateur. C’est selon ce principe que nous achetons des produits d’occasions (voitures, pneus, jeux-vidéos, DVD …)
  • La réparation consiste à réparer les produits en panne.
  • La réutilisation, c’est le principe selon lequel on récupère certains composants du produit, afin de réparer les dysfonctionnements des pièces en panne, récupérer les pièces en état de fonctionnement pour enfin les revendre ou les réintégrer dans le processus de production.
  • Le recyclage quant à lui vise à récupérer les matières premières des produits afin de les réutiliser dans la production de nouveaux biens, similaire ou non.

La question était donc de savoir si cette économie ou certains de ses principes sont présent en Espagne. D’après mes recherches, la seule innovation dans les concepts de l’économie circulaire pour notre époque sont les trois premiers principe, à savoir l’écoconception, l’économie industrielle (qui existe déjà néanmoins, notamment dans la réduction des emballages, mais qui n’est pas très répandue) et l’économie de fonctionnalité. Les 4 derniers principes, ainsi que celui de l’économie industrielle, existe en Espagne. Pour l’écoconception, tout laisse à penser qu’elle est en cours d’études par les grandes entreprises, les autres ayant d’autres soucis comme par exemple l’état de leur finance en ces temps de crise. Et l’économie de fonctionnalité est tout simplement inexistante, sauf dans le cas des box internet.

J’ai ensuite effectué trois interviews pour voir si les espagnols étaient sensibilisés à l’économie circulaire. J’ai donc décidé d’interviewer un étudiant, une femme active, et un retraité pour essayer de représenter au mieux la population espagnole.

Pour ce qui est des entretiens, on remarque que lorsque l’on parle des conséquences de l’économie, personne n’a mentionné la pollution. Les espagnols pour la plupart sont donc obnubilés par la crise, et pensent d’abord aux conséquences sociales plutôt qu’environnementale. Ils connaissent les dangers de la pollution, du gaspillage, et de l’épuisement des ressources, mais ce qui leur importe le plus ce sont les chômeurs, la situation du pays, la hausse des prix… Néanmoins, une fois mis dans le contexte de l’écologie, ils s’y sont montrés sensibles. C’est pour eux évident qu’il faut respecter l’environnement, mais les principaux responsables selon eux sont les entreprises.  De plus, à l’idée de pouvoir changer de modèle économique, ils s’y sont tous montrés favorables, d’autant plus que cela pourrait contribuer à préserver l’environnement. Mais ils pensent aussi que la mise en place de cette économie, bien qu’elle soit intéressante, s’avère compliquée. En effet, selon eux beaucoup de choses seraient remises en cause, notamment la production et le rapport aux consommateurs. Enfin, aucun d’entre eux ne connaissaient l’économie circulaire, et ne sont pas au courant de mesures prises par l’Etat espagnol dans le but de favoriser la mise en place de ce concept.

Mais il est évident que ce sujet passe après bon nombres de préoccupations, tant pour la population espagnole que pour son gouvernement. Certaines mesures ont été mises en place depuis 2011 pour limiter l’impact négatif sur l’environnement par l’activité humaine, et notamment des entreprises, aussi appelées des externalités négatives.

Pour conclure, l’idée de changement séduit les espagnols, surtout dans ces moments de crise et de corruption au niveau du gouvernement. Ils ne sont pas étrangers à l’écologie, et sont conscient que l’activité humaine à un impact néfaste sur l’écosystème. Mais si ces derniers ne semble pas connaître le terme d’économie circulaire, ils en connaissent au moins la plupart des principes, vu que 5 des 7 principes sont pratiqués en Espagne. On peut alors se demander si l’économie espagnole actuelle est réellement une économie linéaire, ou plutôt une économie de transition entre l’économie linéaire et l’économie circulaire.

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